Triste piédestal.

Cette hilarité grasse et nauséabonde dans laquelle il évolue. Il ne peut pas s’en empêcher. Consciemment ou non, il mime les attitudes, il reprend les expressions, il s’adonne à leurs vices. Ils s’échangent des surnoms grossiers et absurdes. Il devient l’un des leurs.

Après tout, c’est toi qui l’y as mené. Il avait le talent uniquement. Ce talent magistral. Toi tu as fait le reste.

Et maintenant, tu ne peux que regarder, de loin. Tu l’as monté jusque-là, sur ce piédestal de débauche, et désormais il s’émancipe de ces liens, un par un. Ce n’est pas de l’ingratitude. Il ne se rend pas compte. Il précipite sa chute et toi tu veilles dans l’ombre, toujours.

Tu n’attends plus rien de sa part. Tu sais que pour toi il est trop tard. Tu l’as dans la peau. Il peut te faire subir les pires des épreuves, te ridiculiser, t’humilier en face d’eux, tu ne bronches pas. Pour toi, il est réellement trop tard. Tu ne te représentes plus la vie sans lui. Tu es pathétique, tu le sais. Mais tu restes là, fermement ancré sur tes jambes, un sourire pincé… et tu attends. Il reviendra. Il revient toujours. Il peut tout leur promettre. Il peut se donner à eux de bien des manières, se repaitre de leurs corps, se laisser engloutir par leurs vaines tentatives d’esprit. Pauvres êtres suffisants et vulgaires !

Tu as compris qu’il a besoin de ça.

Et au final, il revient toujours. Il a besoin de toi comme tu as besoin de lui.

Dans la nuit qui décline, quand ses jambes lâchent, que ses mains tremblent et qu’il régurgite le contenu de son estomac… tu es le pilier, le roc, le phare dans la nuit, l’inflexible. Celui qui ne lui tournera jamais le dos. Et c’est dans tes bras qu’il se blottit.

Toi seul connais la saveur de ses larmes.

(Un texte qui m’est venu à l’esprit après avoir vu Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert)

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Merci.

Seule l’envie de sourire comptait, et rien d’autre. Les yeux qui pétillent, le visage qui se pare d’un rictus peut-être pas toujours élégant mais libre, franc, spontané et naturel. Et cela suffisait, ils ne demandaient rien de plus. Être présent. Être heureux. Être là, ensemble. Dans l’euphorie d’un instant ponctuel, certainement trop court, mais intense par la joie qu’il procurait et l’envie de n’être nulle part ailleurs. Réellement nulle part ailleurs. De ces amitiés qui ne demandent ni quand, ni comment, ni pourquoi, mais qui profitent plus que jamais de ces instants volés et partagés. Rires. Amitié. Câlins (beaucoup). Jeux. Loup-garou. Caleçon. Des pensées aux absents. Picsou. Cinéma. Geeks. Cœurs. Amour. Courtes nuits. Raclette. Noël. Tournois. Cadeaux. Réveillon. Crêpes. LBAS (…). Time’s up. Câlins (encore). Et bien trop de choses que les mots ne sauront dire. Merci.

Quant à l’après… ce pourrait être triste, bien entendu. Mais il suffit d’inverser la tendance, combler l’absence par le souvenir, et l’énergie revient. Et le sourire est là.

Impulsive imperfection.

Oh, moi… je suis le défaut, l’imperfection, l’éléphant dans le magasin de porcelaine, la flaque d’eau sur le bord de la route alors que vous marchez tranquillement sur le trottoir. Le truc qui vous éclate à la gueule, que vous vous y attendiez ou non. Je suis pas un type subtil. Pourquoi l’être ? Pourquoi perdre son temps en mille et une formules, mille et une politesses ? Je suis le genre qui agit. Qui n’attend pas. Et qui fait tout pour avoir ce qu’il veut, tout de suite. Non pas que je ne sais pas attendre. Mais je n’aime pas ne pas comprendre pourquoi j’attends. Je n’aime pas les promesses en l’air, j’aime les actes. Je n’aime pas qu’on me dise de me calmer. Je n’aime pas qu’on me donne des ordres si rien ne justifie une quelconque supériorité. Je peux être un bon soldat si on me donne une raison de l’être, mais je peux surtout être le type enragé qui foncera droit dans les tranchées adverses si rien ne se décide rapidement. Je n’aime pas qu’on me dise de me taire. Parce que je ne me tais que si je n’ai rien à dire. Malheureusement, il m’arrive souvent d’avoir des choses à dire, et dans ces cas-là, je les dis. Que ça plaise ou non. Je ne suis pas du genre à contenir le fond de ma pensée. Si quelque chose me déplait, je le dis. Si quelqu’un m’emmerde, je lui dis. Si je trouve un plan foireux ou une idée complètement débile, je le dis. J’assume ce que je suis. Je ne fais pas dans la demi-mesure. Je ne fais pas dans les faux semblants. Je suis un type entier, soit on m’apprécie, soit on me déteste. Soit on fait avec moi, soit on fait sans. J’en ai rien à foutre, sincèrement. Je préfère qu’un type qui ne peut pas me blairer le dise, au moins les choses seront claires. Je préfère ça aux hypocrites aux sourires en coin qui parlent de vous dans votre dos et croient être discrets. Ceux-là, ils finissent par se prendre mon poing dans la gueule, à un moment ou un autre.

Placard à balais.

Je me suis cachée dans un placard à balais.

Je me suis cachée dans un placard à balais et j’étais bien. C’était mon placard à balais. Exiguë, certes. Poussiéreux, certainement. Mais rassurant. Pas de mauvaises surprises dans ce placard à balais. Pas de sorcière cachée et très peu d’araignées. Quatre. Je les ai comptées. Je n’étais donc pas réellement seule dans ce placard à balais. Le voisinage était silencieux et quasiment invisible. Le décor ? Minimaliste. Mais il me plaisait. Trois grands balais de formes différentes. Un seau abîmé et une pile de vielles serpillières sur lesquelles je m’étais assise.

Et j’ai attendu. J’ai surement gagné la partie d’ailleurs.
Et je suis restée.

Je me plais dans ce placard à balais.